Demi-tour !

Publié le par Maryline

Bon on nous a vendu l'été ici en Afrique du sud mais on se sent un peu floués : il y a beaucoup de vent sur la côte depuis que nous avons quitté Cape Town, et depuis quelques jours le soleil se fait rare. Du coup nous changeons de cap : au lieu de continuer à longer le littoral, nous allons nous enfoncer un peu à l'intérieur des terres pour chercher la chaleur. Dimanche 26 décembre, nous quittons donc Arniston et nous piquons plein nord. Bon nous n'allons pas très loin non plus, vous aurez compris que nous avons un rythme de tortue en ce moment ! Ce rythme particulièrement lent n'est pas un hasard et est lié à 2 choses : dans un premier temps nous sommes toujours en attente de notre extension de visa qui devrait arriver "incessamment sous peu", nous obligeant à revenir à Capetown pour faire tamponner nos passeports. Et surtout nous sommes dans l'expectative quant à la venue ou pas de mes parents, prévue initialement le 31 décembre. A ce jour l'Afrique du sud, le Lesotho et Eswatini sont les 3 seuls pays au monde où les français ne peuvent pas aller d'après les règles mises en place par le gouvernement début décembre. C'est pas de bol quand même, hein ? Nous avons de notre côté du mal à comprendre quand on voit l'évolution de Omicron ici en Afrique du sud et les études plutôt encourageantes (symptômes faibles, et régression rapide des cas de contamination). Et côté vie quotidienne, je peux vous assurer qu'à part le port du masque en intérieur et dans les endroits très fréquentés, et quelques activités qu'il faut réserver à l'avance, la vie suit son cours sans stress particulier. Et comme nous ne regardons pas du tout la TV et très rarement les infos nous nous sentons vraiment étrangers à l'ambiance pesante qui semble régner en Europe. Toujours est-il que c'est un véritable ascenseur émotionnel que nous (mes parents comme nous d'ailleurs !) expérimentons : déception à l'annonce de l'interdiction de voyage, attente que les choses évoluent favorablement, déception de voir qu'il n'en est rien, espoir quand on pense trouver une solution, re-re-déception quand finalement cette solution ne convient pas, fatigue nerveuse à y penser pendant des heures, découragement de voir que rien ne fonctionne, énervement de sentir qu'ils baissent les bras… A l'heure où j'écris ces lignes nous avons la certitude qu'ils n'arriveront pas le 31 décembre comme prévu. Mais nous venons en revanche d'avoir une date pour la récupération de nos visas : lundi 3 janvier. Nous sommes à 400km environ, il ne reste plus qu'à choisir le chemin du retour !

Demi-tour !

Mais en attendant nous commençons à découvrir la jolie région vallonnée de l'Overberg. Nous n'avons pas d'activité particulière de prévue, juste profiter des paysages, jouer dans les cours d'eau et faire de courtes promenades. Nous trouvons des bivouacs plus jolis les uns que les autres : celui du 26 décembre au bord d'un réservoir au nord de Swellendam est une petite merveille au bord d'un lac à la couleur si sombre que les enfants ne voient pas leurs pieds alors qu'ils ont de l'eau aux genoux. Ici comme à Kleinmond, l'eau est d'un rouge sombre à cause du tanin des plantes environnantes. Les enfants passent un très bon moment à glisser sur les rochers et jouer dans la boue. C'est là qu'on se dit qu'il n'est pas forcément utile de faire des choses exceptionnelles pour profiter de nos journées ;) Nous aurions bien passé une autre nuit dans cet écrin de nature, mais malheureusement le lendemain matin un orange s'annonce et la piste que nous avons prise pour venir était en terre et très escarpée sur plusieurs kilomètres, le combo parfait pour rester coincer à cause de la boue. Nous levons donc le camp avant que le sol ne soit complètement détrempé.

Demi-tour !
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Le bivouac suivant, à l'entrée de la réserve de Towerkop et au pied du petit barrage de Tierkloof est également génial. Renaud s'y aventure d'abord à pied car le chemin d'accès est très étroit et passe plusieurs petits ruisseaux. Nous sommes seuls entourés de collines sans le moindre réseau, pas mal du tout ! Le lendemain matin, ce n'est pas la pluie qui nous chasse mais une urgence médicale : Louise s'est embroché le bras dans un hameçon (à l'évidence mal rangé !!), Renaud parvient à le couper mais je n'arrive pas à l'enlever à cause de sa pointe en forme de flèche, c'est trop douloureux pour la louloute. Direction la clinique la plus proche à quelques kilomètres, mais ils n'ont pas de docteur. Nous allons à la ville suivante un peu plus grande. Il y a un monde fou qui attend. Lorsque je demande à l'employée de la réception s'il faudra attendre que tout le monde passe, je crois comprendre qu'il m'explique qu'il y a plusieurs files d'attentes différentes. Bon j'ai dû mal comprendre car au final on doit patienter 4 bonnes heures avant qu'un médecin nous prenne en charge : un anesthésiant local, une petite incision et l'hameçon est retiré sans encombre. Par sécurité vu que c'était un vieux truc rouillé trouvé par terre par Eliott, on lui fait une injection contre le tétanos. Et nous repartons les mains chargées des restes de bandages, paracétamol et bétadine qui ont été utilisés pour soigner Louise. Rien à payer ici, les soins dans les cliniques des petits villages sont gratuits en Afrique du sud. Pour nous remettre de nos émotions, et parce que le lutin n'est pas passé pour préparer le repas en notre absence, nous allons au resto ce midi. Et pas n'importe lequel, nous sommes à Calitzdorp, une ville connue pour sa production de… porto ! Plusieurs domaines sont installés ici et la plupart proposent des déjeuners le midi. Nous optons (au hasard, il faut l'admettre), pour l'exploitation De Krans. Très bon choix ! Le restaurant est installé en bordure d'immenses vignes. Renaud et moi choisissons de déguster 6 vins chacun pendant que nous déjeunons, ce qui fait au final 4 blancs, 3 rouges, 3 portos et 2 vins de dessert. Les enfants eux se régalent avec un jus de raisins maison (vin légèrement pétillant sans alcool).

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Après ce "copieux" déjeuner, nous reprenons la route pour rejoindre Oudtshoorn, connue pour être la région des autruches avec la présence de plusieurs fermes d'élevage. Mais comme nous en avons déjà visité une et que nous espérons y revenir avec mes parents dans quelques semaines, nous faisons l'impasse sur les visites locales. En revanche, nous avons repéré une grotte à visiter et nous nous rendons à l'entrée pour essayer d'y dormir sur place et la visiter le lendemain. Pas de problème pour rester sur le parking la nuit, en revanche la grotte n'est accessible que sur réservation (covid oblige) et comme nous sommes en période de vacances scolaires ils n'ont plus de créneau avant 3 jours…. Ggrrrr !!

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Bon, on enchaine alors sur ce qu'on avait prévu pour le lendemain : une boucle dans les montagnes au nord d'Oudtshoorn. Le panorama est époustouflant ! Et alors que nous sommes en bas des gorges, il est à peine 14h et nous nous arrêtons : c'est ici, sans le moindre réseau mais entourés d'une nature incroyable que nous allons passer la nuit ! Il y a parfois des évidences ;) Les enfants jouent dans la rivière en contrebas, à jeter des cailloux ou faire des barrages… L'endroit est vraiment top !

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Le lendemain, nous quittons notre petit havre de paix et allons déjeuner à Prince Albert, une charmante localité avec de très bons restaurants. Puis les choses se précipitent un peu, car nous sommes le 30 décembre. Mais que va-t-on bien pouvoir faire demain pour le réveillon du jour de l'an ? Je suis en contact avec une autre famille de voyageurs, qu'on n'a jamais rencontrée mais je sais qu'ils sont dans la région du Cap en ce moment. "Vous faites quoi demain vous ? Vous pensez être dans quel coin ? " "Nous sommes dans la péninsule du Cap mais on peut remonter pour se rapprocher de vous si vous voulez !" "ok on se rejoint vers Stellenbosch ?" et voilà comment en 3 messages nous avons RDV pour fêter le réveillon avec des inconnus à 350km de là où nous sommes ! ça nous fait un peu de route mais ce sera plus sympa que de rester seuls de notre côté et comme nous devons récupérer nos visas le lundi 3 de toute façon il faut qu'on se rapproche du Cap. Allez zou, en route ! Nous enquillons les kilomètres sur une route un peu monotone et bordée de clôtures à droite et à gauche. Nous nous arrêtons pour dormir à Matiesfontein, une ville que j'avais repéré sur notre guide qui indiquait une étape intéressante. Bon, on passe un peu à côté : certes les bâtiments sont jolis avec des moulures en fer forgé et de vieilles pompes à essence, mais le charme n'opère pas vraiment, tout nous semble privatisé par un grand hôtel et un peu vide. De toute façon il est tard et on est crevé par la route, après avoir demandé l'autorisation aux maisons nous nous installons sur le parking de la gare et passons une bonne nuit.

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Le 31 décembre, nous partons tôt car avant de rejoindre la famille voyageuse nous avons RDV dans une ville moyenne pour changer nos pneus. Sachant que 4 pneus sur 5 ont déjà été réparés et que les 2 pneus arrière ont fait 65 000km, il était temps !! Renaud est déçu car il n'a pas trouvé de pneus "tous chemins" à gros crampons comme ceux que nous avions au départ. Ceux qu'on trouve ici sont adaptés aux petits 4x4 mais pas à notre poids. Tant pis, on se contentera de bons pneus route. Et c'est donc avec des pneus tous neufs que nous arrivons en fin d'après-midi au camping "African Overlanders" tenu par Duncan, un anglais installé ici depuis une trentaine d'année. Nous y rencontrons les Outsiplous : Caroline, Didier, Cléa et Eline, une famille belge en Afrique depuis quelques mois avec un magnifique camion d'expédition. La soirée est super conviviale, Duncan organise un gigantesque braai où tout le monde met ses plats en commun. Il y a sa famille, des voisins, ainsi que quelques voyageurs. A minuit, nous nous installons au fond de son jardin : devant nous, des centaines de petits feus d'artifice individuels embrasent le ciel pendant de longues minutes (et quelques coups de feu et fusées de détresse aussi !). Pris dans l'ambiance, je n'ai presque pas pris de photos mais on s'en moque, l'important c'est de vivre l'instant présent. Nous avons évidemment une pensée particulière pour nos amis et familles avec lesquels nous passons les fêtes d'habitude.

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Le lendemain matin, nous sommes au ralenti… D'un commun accord avec les Outsiplous, nous prolongeons notre séjour chez Duncan. On discute, les enfants jouent, on termine les restes de la veille, on fait une crêpe party en fin d'après-midi. Avec de notre côté une petite question entêtante : mes parents parviendront-ils à prendre leur vol Marseille/Amsterdam/Le Cap prévu demain matin ? Je vous passe toutes les étapes rocambolesques, les heures passées à chercher des vols et les revirements de dernières minutes. La dernière situation en date, c'est qu'ils sont censés décoller à 6h45 le 2 janvier. C'est la compagnie qui a changé leur vol (ils devaient passer par Paris) et qui les a transféré sur un vol KLM en leur disant "ça devrait passer". Nous nous couchons donc en disant aux enfants que le lendemain au réveil on saurait si papi et mamie arrivent le soir même. Quel suspense !  A 5h45, après une nuit agitée, j'envoie un sms à mon père… pas de réponse. A 6h30, un nouveau message… toujours pas de réponse. Aie aie aie ça ne sent pas très bon, ils devraient déjà être dans l'avion ! Et à 6h40, la délivrance : "coucou c'est papa, on est dans l'avion". C'est incroyable on n'y croyait pas vraiment !! Je ne peux pas m'empêcher de réveiller tout le monde. "ils arrivent, ils arrivent !!" Suivi de "oh mon dieu vous avez vu l'état du camping-car ? Allez, tout le monde range et on nettoie à fond !"

Demi-tour !
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A 22h, nous sommes dans le hall des arrivées à l'aéroport de Cape Town. Les enfants ont confectionné une bannière "Bonne Année" qu'ils brandissent à chaque fois que les portes s'ouvrent et que les passagers sortent de la zone de récupération des bagages. Puis ils arrivent enfin et c'est la joie des retrouvailles, surtout après toutes ces incertitudes ! 18 mois que nous ne les avons pas vu, un record pour nous ! C'est parti pour 3 semaines en mode "untourasept" ;)

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Publié dans Afrique du Sud

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T
Bonjour la petite famille, je suis entrain de regarder Grand Reportage sur TF1 en replay et je suis vos aventures. Bravo ! Vous avez bien raison et pour vos enfants quelle ouverture sur le monde !
Profitez en bien, remplissez bien vos têtes de souvenirs.

Bon voyage à vous.
Stéphane
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