Et maintenant, on va où ?

Publié le par Maryline

En voyage, il y a des jours où tout se passe bien, ceux qu’on a envie de raconter, des rencontres sympas, une activité, de beaux paysages etc. Il y a parfois les journées de galère, quand on a envie de tout balancer, ce sont d’ailleurs celles qui font généralement le plus de « vues » et de « likes » sur nos pages. Et puis il y a l’entre deux : des journées bof sans être catastrophiques, des journées sans grand-chose à raconter, du mou, de l’attente. C’est ce que nous vivons depuis mon dernier article. Alors que nous avions eu la pêche le 1er janvier avec le groupe venu fêter la nouvelle année sur le point de vue où nous allions dormir, le lendemain est nettement moins sympa. C’est simple, tout ce que nous tentons échoue !

  • Remplir les bouteilles de gaz : pourtant, nous étions passés la veille pour nous assurer des horaires d’ouverture mais on a dû mal comprendre : la station est fermée le samedi. C’est ballot, on est redescendus exprès de notre point de vue et on a mis 1h30 à traverser la ville embouteillée de Mbeya.
  • Les papiers du véhicule : nous sommes en situation illégale avec le camping-car depuis notre retour. Il avait le droit de rester 3 mois dans le pays maximum, mais cela fait maintenant presque 10 mois ! Nous avions prévu de régler tout ça à la frontière en sortant, moyennant de longues heures de discussions. Comme nous avons du temps ici en attendant le 6 janvier que les frontières avec le Malawi rouvrent, nous décidons de nous en occuper ici, ça sera toujours ça de gagné aux douanes ! Mais Renaud fait chou blanc après avoir été dans 2 bureaux (à l’opposé de la ville sinon c’est pas drôle »). Ils nous annoncent qu’ils ne peuvent rien faire ici, qu’il faudra voir à la frontière mais qu’on risque une amende de 20% de la valeur du véhicule. Et ils ont appelé les douaniers à la frontière pour les prévenir. Nous avons donc perdu l’effet de « surprise » pour la négo à venir. Grrr
  • Nous avons une crevaison lente au pneu arrière gauche. On s’arrête dans une échoppe le faire réparer : une mèche ici, une sorte de goudron à l’intérieur. On repart, et on constatera quelques jours plus tard que la crevaison est toujours là 
  • Anecdotique : on s’arrête pour faire des courses dans un marché, et je ne sais pas ce qu’il se passe, tous les vendeurs nous tombent dessus, nous haranguent à qui mieux mieux, mais en nous annonçant des prix 2 à 3 fois plus élevés que la normale. Autant je sais que ça fait partie du jeu et la plupart du temps ça ne me dérange pas, autant là, en étant déjà de mauvaise humeur, ça me gonfle au plus haut point. Je les plante tous et rentre chez moi. Marre des « mzungu prices » (prix pour les blancs) ! On s’arrêtera un peu plus loin au bord de la route pour acheter nos fruits et nos légumes 😉
  • Pour la nuit, nous avons repéré un lac de cratère d’où nous pourrions faire une chouette rando demain, à une quarantaine de kilomètres d’ici. On espère pouvoir y passer la nuit ! Malheureusement, une fois arrivés devant la piste de 6km qui doit nous conduire au point de départ de la rando, on hésite. La piste semble boueuse (il a plu toute la journée). Renaud part en repérage à pied mais on ne le sent pas : elle a l’air étroite et en pente, on n’arrivera jamais à sortir si elle n’est plus praticable. Alors qu’on hésite, des hommes s’approchent. Ce sont des « rangers » car le cratère fait visiblement partie d’une réserve naturelle. Si on veut y randonner, il faudra payer 10$ par adulte, 5$ par enfant. Et prendre un guide. Et si on veut y dormir il faudra payer un garde pour notre sécurité. Bon ben voilà qui nous décide, on fait demi-tour ! Mais avec tout ça, il est déjà tard, la nuit est en train de tomber. On décide d’aller sur un point affiché sur notre appli pas très loin. La piste n’est pas bien large, pas trop mauvaise mais pas géniale non plus. Mais le point indiqué est inaccessible pour nous à cause des pluies récentes et on n’a rien vu d’autre dans le coin. Faute de savoir quoi faire, on continue la piste qui se rétrécit de plus en plus. Jusqu’à ce qu’elle commence à monter dans la montagne, c’est mort pour nous. On n’a pas d’autre choix que de faire demi-tour. Le seul endroit possible est très boueux et ce que l’on redoute se produit : sploush (1ère roue), sploush (2ème roue), on s’embourbe rapidement. Ca y est, il fait nuit noire ! Bon, on arrive à s’en sortir après quelques essais, des pierres et du bois pour que les pneus accrochent, et 2kg de boue sous chaque chaussure.
  • Il pleut des cordes maintenant. Nous rebroussons chemin jusqu’en ville. Conduire de nuit sous la pluie demande une grande concentration à Renaud. On va finir dans une station-service… génial ! Et bien même pas car toutes les stations-service que nous dépassons sont déjà bondées de camions et de minibus ! Non mais c’est pas vrai, cette journée ne va jamais finir ?! Finalement nous décidons de retourner au seul bivouac sécurisé que nous connaissons dans le coin : le point de vue dans la montagne ! On retraverse toute la ville, on prend les lacets, il est 21h30 quand nous nous garons. Belle journée, vraiment !
Et maintenant, on va où ?
Et maintenant, on va où ?
Et maintenant, on va où ?
Et maintenant, on va où ?
Et maintenant, on va où ?
Et maintenant, on va où ?

Le lendemain, on ne bouge pas !!! On est bien là, il n’y a pas grand-monde, on récupère de notre journée d’hier.

Lundi 4 janvier, nous quittons notre nid dans la montagne pour rejoindre la ville de Mbalizi. Nous avons RDV ici pour faire nos tous premiers tests Covid ! Et oui, c’est désormais une étape obligatoire pour voyager d’un pays à un autre. Arrivés à 11h30, c’est une cohue sans nom, il y a des dizaines de personnes. On se fait envoyer de guichet en guichet, on attend à différents endroits. Au bout de 2 heures, on remplit (enfin) nos formulaires d’inscription. Enfin… on aurait aimé les remplir mais c’est un employé qui s’en charge, moyennant une bonne dizaine de minutes par personnes vu qu’il ne connait pas les passeports français, qu’il inscrit un L au lieu d’un i sur nos numéros de passeports etc. Au final dans les confirmations que nous recevrons le lendemain, Renaud devient Renard, moi je suis mme Lanford, ma fille Loise. Bref ! Nous attendons encore un moment avant de passer au prélèvement (dans la gorge) qui se passe plutôt bien. 4 heures plus tard ça y est, nous sommes libérés ! Nous devons attendre 3 jours nos résultats, du coup on décide à rester dans les environs. A une cinquantaine de kilomètres, une météorite a été découverte, il y a une petit visitor center, ça nous semble être un coin intéressant pour passer la nuit.

Et pour une fois, ça l’est ! Bon je dois négocier avec la patronne le prix d’entrée pour voir la météorite mais une fois ce point réglé nous passons une chouette soirée. C’est quand même incroyable d’avoir sous les yeux la 8ème mététorite la plus lourde du monde, composée à 90% de fer, tombée de l’espace il y a plusieurs milliers d’années ! Bon par contre il n’y a rien d’autre à voir, le visitor center tout neuf est vide, la patronne, très sympa, nous explique qu’ils sont en train de faire le tour des chefs de villages pour récupérer des pièces et créer un petit musée. Nous sommes tranquilles ici, du coup nous restons toute la journée du lendemain : il pleut des cordes et nous n’avons pas particulièrement envie de bouger. A cette occasion, nous découvrons d’ailleurs une grosse infiltration par le toit, bien cachée au fond du placard. Lors d’une accalmie Renaud monte et s’aperçoit que l’une des barres sur le côté du toit a été « soulevée », arrachant la vis et déformant la cornière faisant l’étanchéité du toit (l’angle entre le toit et la paroi). Comme on n’avait pas ça en partant de Dar, on suppose que c’est sur le chemin du Kimbinji Beach Lagoon, assez étroit et « touffu », une branche a dû se coincer et trop forcer. Cela fait donc 3 bonnes semaines, avec plusieurs jours de grosse pluie, que nous roulons comme ça. On va attendre que ça sèche bien pour mesurer les dégâts !

Et maintenant, on va où ?
Et maintenant, on va où ?
Et maintenant, on va où ?
Et maintenant, on va où ?

Mercredi, nous sommes dans les starting blocks : c’est aujourd’hui que le Malawi doit rouvrir ses frontières ! Tout est prêts pour faire notre demande de e-visas, on a une lettre d’invitation, les certificats de naissance des enfants et tout et tout. Mais avant de faire la demande de visa (et de payer 250$), je contacte la douane pour m’assurer que c’est bon et là c’est la douche froide : ils viennent de recevoir l’ordre de maintenir les frontières fermées sans limite de durée. Nous n’irons donc pas au Malawi, du moins pas tout de suite ! Je vous passe les détails de la journée et celle d’aujourd’hui, rien de particulier, nous attendons patiemment nos résultats pour bouger. Ah si la bonne nouvelle du moment, c’est qu’on a réussi à faire remplir nos bouteilles de gaz ! Fini le camping avec le réchaud dans le couloir ou dehors, je vais retrouver ma vraie cuisine !

Aujourd’hui, nous aurions dû recevoir nos résultats mais nous ne les avons toujours pas. Peut-être demain nous ont-ils répondu. Seule certitude, ils sont négatifs, youhou ! En même temps venant d’un pays qui ne reconnait pas les tests et qui prétend n’avoir aucun cas de Covid, rien d’étonnant finalement 😉 Nous prions donc pour avoir nos certificats demain, car ensuite ce sera le week-end et tout deviendra plus compliqué.

Mais où on va, alors ?

Et bien le Malawi, c’est mort comme je viens de vous le dire.

Le Mozambique, c’est mort aussi, il aurait fallu un test de moins de 72h et les 300km de piste obligatoire pour passer par la frontière sécurisée (la frontière principale sur la côte étant en proie à de violents conflits) nous ont refroidis (en saison sèche pourquoi pas, mais en saison des pluies, un peu trop risqué pour nous).

Donc je vous laisse regarder sur une carte quel devrait être notre prochaine destination… je dis bien « devrais » car ce pays impose un test de moins de 7 jours et si on n’a pas nos résultats demain mais lundi, ben ça fera plus de 7 jours !! Allez, je vous laisse, c’est l’heure de l’apéro pour décompresser 😉

 

(PS. : quand je pense ne rien avoir à dire, ça finit toujours par faire les articles les plus longs...🤪

Et maintenant, on va où ?
Et maintenant, on va où ?

Publié dans Tanzanie

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Commenter cet article

A
Merci pour cet article. Vous étes bienvenu sur mon blog.
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M
Bah, allez des petites galères pour des baroudeurs comme vous... Ça va s'arranger car comme tu le dis ça fait parti du voyage . <br /> Bonne et heureuse année à vous 5 !
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M
Belle année à toi aussi Muriel, oh oui ça va aller, nous sommes déjà très heureux d'avoir changé de pays, ça nous donne la pêche ! bises
M
Bonjour,<br /> Ah oui, quand ça veut pas aller.....je suis étonnée que vous parliez de visas pour le Malawi? en 2010, pour les voyageurs français il n'en fallait pas, pour le Suisses si (?) ........ben c'est l'Afrique!!!<br /> Bonne chance pour le Mozambique
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M
et si, malheureusement il faut un visa pour le Malawi. il était à 100$, passé à 50$ le 1er janvier 2020. Mais pas encore de Mozambique pour nous, nous avons opté pour la Zambie !
B
Eh bien des déboires de fil en aiguille mais le soleil au sens prpre et figuré revient toujours après les nuages..le plus important pas de covid pour la petite famille... je vous souhaite des jours meilleurs acec de belles decouvertes .
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M
effectivement tout devrait rentrer dans l'ordre bientôt, et il n'y a rien de grave de toute façon. En Tanzanie, nous n'aurions pas pu avoir de test posiyif au covid de toute façon car le président a décidé qu'il n'y avait pas de covid dans son pays. CQFD ;)
A
Parfois rien ne va..mais il faut toujours espérer..<br /> Merci pour le récit de vos aventures qui me font rêver et m'aide dans la grisaille du quotidien parisien..<br /> Prochaine étape..la Zambie ?
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M
Oui, Zambie depuis 2 jours maintenant !