Besoin de faire un break

Publié le par untouracinq

Fascinante et fatiguante Mongolie; Poussiéreuse Mongolie;

Nous avons trop roulé ces derniers jours. A 20km/h en moyenne sur les pistes, nous roulons de longues heures mais n'avançons pas tant que ça. A cela s'ajoute le stress de la piste : rester hyper concentré pour choisir le "moins pire" chemin, serrer les dents lorsqu'une bosse nous semble un peu trop abrupte, descendre du véhicule pour constater les dégâts lorsqu'effectivement on racle, s'inquiéter de savoir si Pépère atteindra Ulaan Baator sans GROS pépin avant l'expiration de notre visa... Quand je vois dans quel état d'euphorie nous mettent les quelques kilomètres de goudron inattendu entre Tosontsengel et Tariat, je mesure à quel point ces pistes nous affectent. Heureusement, lorsque nous arrêtons enfin le moteur en fin de journée, la magie des paysages opère, et nous sommes comme engloutis par le calme et la sérénité qui se dégage de ce pays.

Mais malgré cela, nous sommes fatigués, il faut qu'on se repose un peu. Sur notre itinéraire, nous avons repéré un lac, le Tsagaan Nuurn (aussi appelé lac blanc). Des voyageurs nous en ont parlé, et il est mentionné dans notre guide, qui précise que la rive nord est plus jolie. C'est décidé, nous nous arrêterons plusieurs jours là-bas, et c'est ici que nous donnons rendez-vous à Bernard, le journaliste qui vient poursuivre le reportage entamé avant notre départ.

Mercredi 22 juillet : certainement l'une des pires soirées depuis notre départ. Parce que nous voulons vraiment nous poser plusieurs jours au même endroit, parce que cela fait plusieurs jours que nous pensons beaucoup à ce lac, nous décidons de rouler d'une traite jusqu'à notre campement, 186 kilomètres plus loin. Nous nous entêtons alors que la nuit commence à tomber. Mais il ne reste que 25 kilomètres, à peine 1 heure de route, ce serait dommage de rebouger demain, non ? Grossière erreur, car la piste pour rejoindre la rive nord du lac est un calvaire. Il fait nuit noire maintenant, impossible de distinguer le chemin à prendre entre les gros rochers et les flaques de boues. Des cailloux heurtent le pont, nous prenons de gros devers et finissons plantés sur un rocher, impossible d'avancer davantage. Je suis au bord des larmes, tandis que Renaud reste serein. C'est drôle car d'habitude c'est moi que le "rassure" quand nous sommes sur des pistes difficiles... nous nous complétons bien ;) Un mongol au volant de sa camionnette vient à notre aide. Il nous passe sa femme au téléphone (elle parle anglais) qui nous explique que la rive sud est plus simple d'accès. Nous roulons dans ses roues pour revenir vers le village. Il est minuit, nous n'avons pas mangé, les enfants dorment dans leur lit. Nous ne dormirons pas au lac ce soir, nous nous posons tout près du village, exténués.

Le lendemain, nous filons vers la rive sud du lac. Il ne reste plus qu'à choisir un emplacement sympa pour les 3 prochains jours ! Nous repérons un banc de sable qui serait super... mais ne voyons pas la prairie marécageuse qui en bloque l'accès. Du moins jusqu'à ce que nos roues se plantent dedans ! Il ne manquait plus que ça !! Apres avoir essayé en vain de nous sortir de là tous seuls, je pars demander de l'aide dans les yourtes pas très loin. Un cavalier vient à ma rencontre et quand je lui explique notre problème, il me passe quelqu'un au téléphone : la même dame qu'hier soir, qui doit nous prendre pour des boulets finis ! "Mon mari vient vous aider dans 30 minutes", me dit-elle. Il arrive effectivement ... 3 heures plus tard (oui les mongols ont un petit coté parisien dans leur conception du temps). Nous nous embourbons encore 2 ou 3 fois (à chaque fois il nous tire avec son 4x4) avant de trouver un emplacement au sec, proche du lac. Enfin !

Vendredi, nous profitons de notre première journée de pause pour nous lancer dans un grand nettoyage. Nous sortons tout du camping-car pour le dépoussiérer en profondeur, la machine à laver tourne à plein régime... Ca fait du bien de sentir le propre et de ne plus sentir l'odeur de la poussière sur nos draps !

Ensuite c'est repos, lecture, barbecue, le tout sous un magnifique ciel bleu... idéal pour recharger nos batteries !

Besoin de faire un break
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Publié dans Mongolie

Commenter cet article

Philippe 08/11/2015 07:13

J'ai souri en lisant ton message. Je sais c'est pas bien, et surtout c'est ce qui me fait peur, dans votre aventure, des galères au bout du monde, dans un lieu perdu .... Bon courage pour la suite, j'ai pas mal de retard dans les messages. Merci de tes clins d’œil et de tes sourires littéraires

Fabienne 01/08/2015 09:22

Vous avez mon soutien et toute mon admiration !
Ce que vous avez décidé de vivre est exceptionnel et vous faites en plus voyager et rêver les autres...
Continuez, on vous aime !
Bises à vous 5

Marcel et les camionautes 30/07/2015 18:16

Hello, un petit mot pour vous soutenir dans cette traversée difficile. On croise les doigts pour que votre pépère tienne le coup et on vous fait plein plein de bisouxxxxx ;) ;) ;)

Un voyageur au long court 27/07/2015 14:01

Bonjour, si j'ai bien compris, vous enchainez les galères. Mais ne serait ce pas un excès de confiance et/ ou un peu d'inconscience ? Parfois il faut savoir être prudent et sage plutôt que de vouloir aller au bout à tout prix au risque de casser la mécanique voire pire. Et ne pas avoir de réserves de nourriture dans un camping car, faut le faire ! Bon courage, mais un peu de réflexion à l'avenir, pensez à vos enfants ! Prudence est mère de sureté...

Mary 28/07/2015 04:26

Bonjour cher voyageur au long cours ( en 4x4 j'imagine ?).
Alors je vous rassure tout de suite, nous sommes loin d'avoir confiance en nous en Mongolie ! Si nous prenons, c'est vrai, quelques risques mécaniques avec notre machine pour profiter à fond de ce magnifique pays, nous prenons bien soin de ne pas mettre en danger nos 3 petites têtes blondes ! Ce jour là, comme je l'ai dit nous avons pris une mauvaise décision... Ça arrive et n'a eu pour seule conséquence que de faire sauter un repas à toute la famille. On survivra. Pour le reste nous veillons évidemment avoir toujours une réserve d'eau et de nourriture pour parer à toute éventuelle immobilisation. Vous voyez, nous réfléchissons un peu quand même ;-)
Au plaisir de vous croiser sur les routes pour pouvoir vous rassurer de vive voix sur notre sécurité.

Mimie 27/07/2015 19:21

Non mais je rêve.. Il est normal de vivre certaines galères dans un voyage d'un an et demi en camping car avec 3 gamins! Croire le contraire serait bien utopiste! "Prudence est mère de sûreté". Avec ce genre de devise, on risque aussi de passer à côté de sa vie...

Et si vous pensiez qu'ils ont pu être à cours de réserves de nourriture, c'est mal les connaitre! Vous devriez aussi lire leur blog de manière plus approfondie.. Vous verriez qu'ils sont loin d'être inconscients!!! Ce genre de message n'apporte pas grand chose...

A bon entendeur..

ninou 27/07/2015 11:43

Quel courage et ténacité vous avez, j'étais fatiguée rien que de vous lire. Bon repos et bonne route pour la suite

Pat 26/07/2015 17:04

Hello Untouracinq,
En Mongolie pas besoin de radars pour lutter contre les excés de vitesse. Quelques bon milliers de kms de piste défoncées et le tour est joué :-) On économise les radars et la police, ah la sagesse orientale ...
Si j'ai bien compris vous avez fait le plus dur. Rechargez bien les batteries pour la suite !
Bon "break" et bonne route à tous les cinq

Mary 28/07/2015 04:28

Tu as raison, bousiller le bitume pour obliger à ralentir, ça pourrait être une idée de politique publique ;-)

perju 25/07/2015 18:41

bonjour,
vous deviez, si j'avais bien compris, rejoindre UB en passant par Bayanhongor ...lorsque j'ai vu que vous remontiez vers Uliastay j'ai eu quelques craintes ....mais difficile de vous prévenir.
Depuis Uliastay , pour rejoindre Tariat la piste est effectivement pourrie à l'approche du lac de Tsagaan Nuur, en 2013 c'était une suite de "montagnes russes" si prononcées que certaines fois on voyait disparaître le véhicule devant nous ..j'imagine avec un CC !!!!
Après Tariat c'est une bonne piste.
Ne manquez pas de monter au volcan Horgo qui se trouve à l'est du lac.

Mary 28/07/2015 04:32

Oui on savait qu'on se compliquait la vie en bifurquant mais bon... Pour nous la partie l plus difficile a été la portion entre Altai et Uliastaï. Ils sont en train de faire la route entr Tosontsengel et Tariat, on a même eu une cinquantaine de km goudronnés ! L'erreur a surtout été de vouloir aller sur la rive nord du lac, imposible d'acces pour nous. Mais le sud etait bien aussi ;)