A la découverte du patrimoine du Nord Soudan

Publié le par Maryline

Après avoir quitté Yasser et le petit village d’Akasha samedi 26 octobre, nous nous arrêtons dans la petite ville d’Abri, pour faire quelques courses et publier quelques news sur le blog et sur facebook. Il y a un filet de réseau, il faut être patient ! J’en profite pour chercher un peu des infos sur Internet sur les choses à voir et à faire au Soudan. Et je tombe sur l’ile de Sai, à 3 kilomètres d’Abri. Et bien voilà une activité toute trouvée pour la fin de journée ! Nous nous rendons au bord du Nil à peu près à l’endroit indiqué et tombons sur l’embarcadère du ferry, une petite barge qui peut contenir 1 à 2 voitures. Le terrain est impraticable pour nous, et nous préférons négocier avec un pêcheur qu’il nous transporte sur l’ile et nous attende le temps de la balade. Son fils qui parle quelques mots d’anglais nous accompagne pour nous montrer les vestiges de 3 époques : un temple égyptien, un château ottoman et un monastère chrétien. De ces monuments il ne reste que quelques ruines, mais la balade au coucher du soleil et sympa. Le sol est jonché de morceaux de porcelaine datant de ces différentes époques. Les enfants s’en remplissent les poches, et c’est une négociation serrée avant de revenir au bateau pour qu’ils n’en gardent que 2 ou 3, plus quelques jolis cailloux. Sur le trajet du retour, nous repérons un petit crocodile qui s’enfuit sous l’eau à notre arrivée…

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Nous faisons quelques kilomètres de plus pour dormir un peu plus loin, près de Soleb, un autre site archéologique que nous comptons visiter le lendemain. Nous trouvons un super endroit plat et désert en surplomb du Nil. Enfin désert… nous sommes à peine installés depuis quelques minutes qu’un homme arrive sur son âne. Il s’appelle Youssef, et parle bien anglais. Il habite le village d’à côté et souhaite que nous venions nous garer devant chez lui. Pour ce soir, nous préférons le calme de notre bivouac. Il nous met en garde contre les scorpions et nous confirme ce que nous ont déjà dit nos amis d’Akasha : toujours marcher avec des chaussures et la nuit, prendre des lampes torches. Ici les scorpions sont très dangereux. Martin et Eliott en ont vu un de très près à Akasha, un villageois l’a aussitôt écrasé avec une pierre. Nous passons une très bonne nuit, sans mosquée, sans gamins, sans chiens... Il fait de plus en plus frais la nuit, le climat est sympa en ce moment au Soudan : ça monte bien la journée à 35 ou 36°, mais ça descend à 23 ou 24 la nuit. Le climat idéal pour visiter !

un chouette spot !

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Dès 7h dimanche, Youssef est devant notre porte. Il insiste pour que nous venions à son village. Nous lui proposons un compromis : nous allons visiter Soleb ce matin, puis nous irons dans son village. Soleb se trouve de l’autre côté du Nil, nous négocions donc à nouveau avec un pêcheur une barque pour faire l’aller-retour. Une fois sur l’autre berge, nous traversons une palmeraie de dattiers et le site apparait devant nous. Construit par le pharaon Amenhotep III au 14ème siècle avant JC, le site a conservé quelques colonnes et murs gravés. Avec quelques travaux de restauration il serait vraiment majestueux ! Il y a de gros morceaux de colonnes qui ne demandent qu’à être assemblés et nous nous amusons à essayer de les reconstituer. Sur le chemin du retour, nous croisons un gros varan du Nil et un joli caméléon !

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Comme promis nous rejoignons Youssef dans le petit village d’Ochimoto et ses 72 maisons. Nous nous garons juste devant la maison de ses parents et quelques voisins viennent nous saluer et visiter le camping-car. C’est beaucoup plus calme qu’à Akasha 😉 Nous parlons beaucoup avec Youssef qui nous explique pas mal de choses : le fait que les soudanais peuvent avoir jusqu’à 8 femmes mais seulement 4 dans le même village, que leur repas principal est le soir, qu’il n’y a pas beaucoup de travail à part à Khartoum. Nous avons enfin la réponse à notre interrogation sur les cadavres de vaches disséminés le long de la route après Wadi Halfa. Ce sont des vaches qui viennent du Darfour (région au sud-ouest du Soudan) et qui sont exportées en Egypte. Elles sont transportées dans des camions et vu les mauvaises conditions (trop serrées, trop grand nombre, trop chaud…) beaucoup meurent en cours de route. Les conducteurs les balancent avant de franchir la frontière. Voilà voilà… La mère et la sœur de Youssef nous préparent un délicieux diner à base de fuul et de fromage. Je n’ai plus de courgettes pour faire ma recette fétiche, je n’ai plus grand-chose d’ailleurs donc nous ouvrons un bocal d’olives à la provençale de mon beau-père et une boite de fruits au sirop pour participer au repas.

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Le lendemain, après avoir visité la maison de nos hôtes, nous quittons ce paisible petit village avec l’intention de faire une halte à Kerma puis de rejoindre Dongola, le chef-lieu de la région. Tout le monde nous parle des ruines de Kerma depuis que nous sommes arrivés au Soudan, alors il faut bien que nous y allions ! Il est l’heure de déjeuner lorsque nous arrivons en ville ; nous nous arrêtons sur une grande place pour y manger nos sandwichs. Mais nous abrégeons le déjeuner lorsque les enfants des maisons voisines deviennent un peu trop nombreux et excités à notre gout. Pas question de renouveler l’expérience désagréable d’Assouan lorsque des gosses nous ont jeté des pierres ! Là ils sont plus d’une vingtaine, commencent à toucher aux fenêtres, à s’accrocher pour regarder à l’intérieur… allez zou, on file voir les ruines ! Le goudron laisse vite place à une mauvaise piste, et nous mettons une bonne heure pour faire les 10km qui nous séparent du site. « Heu… attends… on a fait tout ce chemin pour voir un tas de boue ?? » Les enfants ne semblent pas emballés par les ruines du Deffufa, un temple pré-égyptien construit en briques de boue il y a plus de 3500 ans. J’avoue que le charme opère moyennement sur moi aussi… Il est déjà assez tard, il y a encore de la piste pour quitter le lieu… nous décidons donc de dormir sur place. Les femmes des maisons autour viennent visiter le camping-car pendant que nous jouons une partie de Molky et nous apporteront des dattes un peu plus tard.

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Ce matin (mardi 29 octobre), un timide coup frappé à la porte nous sort du lit. C’est une voisine qui n’avait pas visité la maison hier et qui nous apporte… des dattes. Nous en avons maintenant environ 3kg et nous ne sommes que 2 à en manger ! Alors que nous finissons l’école et que nous nous apprêtons à quitter Kerma, un homme arrive sur sa moto. Il nous conseille de visiter l’autre Deffufa, plus grand et plus beau, et le musée de Kerma aussi. Renaud qui ne sait pas dire non, finit par accepter. Moi je bougonne car on avait prévu d’aller à Dongola, qu’on va encore se taper de la piste pour voir un autre tas de boue etc. L’homme nous annonce 2km de bonne piste, au final ce sera plutôt 6km sur une piste pas super… et il s’étonne que nous roulions doucement ! Finalement le détour vaut le coup et je ravale ma bougonnerie. Le musée est intéressant, surtout une vidéo (en français) de plus de 20mn qui raconte les fouilles et l’histoire du site. Le musée présente aussi de magnifiques statues des pharaons noirs, ces pharaons nubiens qui ont régné sur l’Egypte pendant près d’un siècle. Et le deffufa est effectivement plus grand et plus beau que son petit frère. Nous déjeunons sur le site et prenons ensuite la direction de Dongola. Avant d’entrer au Soudan, nous nous étions dit que nous mettrions 2 ou 3 jours pour faire la route de la frontière à Dongola, 500km plus loin. Nous mettrons finalement 7 jours….

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Publié dans Soudan

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Commenter cet article

Pat 30/10/2019 19:03

Vraiment je n'arrive pas à réaliser que vous êtes en plein désert soudanais… Mais je suis bien obligé d'y croire quand je vois Pépère au milieu de nulle part, sagement garé face au Nil !
Encore de belles rencontres, vous devriez faire payer la visite du camping-car ;-) et de belles découvertes grâce à vous !
Merci

Tom-Tom 30/10/2019 12:14

J'aime beaucoup votre dernier récit, on sent que l'ambiance change, le rythme est plus lent et sort des sentiers plus balisés... On dirait que le voyage prend son rythme et ses marques petit à petit ! Merci pour le partage en mots et en images !